Inaptitude et dispense de reclassement

La Cour de cassation vient certainement de mettre fin au débat sur la nécessité, pour l’employeur, de consulter, ou non, le CSE pour recueillir son avis sur un reclassement que l’avis d’inaptitude l’a dispensé d’effectuer précisant que l’état de santé du salarié faisait obstacle à tout reclassement.

En toute logique, cette dispense de reclassement, validée par le médecin du travail, aurait dû libérer l’employeur de son obligation de consulter le CSE sur un reclassement qui n’aurait pas lieu ; en pratique elle n’était pas toujours suivie par les juges du fond et nous contraignait, par prudence, à conseiller à nos clients de consulter quand même le CSE.

Dans son arrêt du 8 juin 2022 (n°20-22.500), la Cour de cassation tranche la question et pose le principe : dès lors que l’avis d’inaptitude fait mention d’un cas de dispense légale d’obligation de reclassement, l’employeur n’a pas l’obligation de consulter le CSE sur ledit reclassement.

Côté employeur : attention à s’assurer que le médecin du travail, avant de rendre un tel avis d’inaptitude, a bien procédé à l’étude de poste prévue par la loi.

Cette précision faite, les entreprises peuvent se réjouir de cette décision pleine de bon sens.

Partager cet article

Les dernières actus

Alerter, enquêter, protéger : les rappels de la Cour de cassation

Cass. soc., 8 juillet 2026, n°24-17.48 Une Directrice des Ressources Humaines, présente dans l'entreprise depuis près de vingt ans, alerte son PDG sur les méthodes managériales qu'elle juge déviantes de la part du nouveau Directeur général. Peu de temps après cette...

PROPOSER UNE NEGOCIATION N’EST PAS DISCRIMINER. 

C’est, en substance, ce qu’a jugé la Cour de cassation dans un arrêt de principe du 17 juin 2026 (n° 25-12.181).  Embauché en 2015, un salarié s’est trouvé en arrêt de travail prolongé dans le courant de l'année 2018. Son contrat était donc suspendu. À plusieurs...