Un Caravage inédit émeut l’Italie

Grand émoi en Italie, où le Caravage inédit récemment découvert pourrait cette fois bel et bien être un original.

Madeleine et Michelangelo

La semaine dernière, tandis que le peuple français se déchirait à propos d’un plug anal géant, de l’autre côté des Alpes, c’est l’extase de Marie Madeleine qui faisait débat. Non pas pour son aspect sulfureux (cette posture offerte, ces épaules dénudées, cette tête renversée et ces yeux mi-clos) mais bien pour son authenticité. Car Madeleine en extase, peinte en 1606, est une des trois toiles que Michelangelo Merisi da Caravaggio emporta avec lui à Porto Ercole où il mourut en 1610, attendant le pardon pontifical qui lui aurait permis de rallier Rome. Depuis ? Mystère. Il existe de nombreuses versions de ce tableau “perdu” qui divisent aujourd’hui les experts en la matière.

Avis d’experte

Le 23 octobre, La Repubblica sort un scoop qu’il titre : “C’est elle, la vraie Madeleine” : l’article met en avant l’expertise de Mina Gregori, plus grande spécialiste du peintre et seule à avoir pu apprécier l’authenticité de ce tableau découvert chez “une famille européenne”. Grande émotion dans la communauté artistique. Car contrairement aux habituels marronniers liés au Caravage, à qui l’on prête tous les ans de nouvelles œuvres, celle-ci pourrait bien être un original. Il n’y a qu’à lire Mina Gregori : “La carnation du corps, aux tons variés, l’intensité du visage, les poignets forts et les 

mains aux tons livides avec d’admirables variations de couleur et de lumière et avec l’ombre qui obscurcit la moitié des doigts sont les aspects les plus intéressants et intenses du tableau. C’est Le Caravage.”

Billet(s)

Outre qu’elle vient concurrencer la Madeleine dite “Klein” (du nom d’un de ses propriétaires), jusque-là considérée par la majorité comme l’original le plus probable, cette Marie Madeleine déboule avec une note retrouvée au dos du tableau et mentionnant plusieurs détails recoupés par différentes biographies du peintre. Un petit billet qui pourrait en amener d’autres potentiellement plus violacés. Il existe au final peu d’œuvres du Caravage et sa cote s’élève à des dizaines de millions d’euros. Sa valeur dépendra de l’expertise d’autres spécialistes. Qui n’attendent qu’une chose : contempler cette Madeleine qui, comme une âme sur la ruine de tout le reste, reste peut-être la seule à se rappeler, à attendre et à s’extasier.

le 06 novembre 2014 à 10h36 – les  Inrocks.com
http://www.lesinrocks.com/2014/11/06/actualite/societe/extases-multiples-11533951/

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